Le réseau social de Skyrock, 17e site mondial en nombre de pages vues, est estimé à environ 300 millions d'euros.
Skyrock a eu deux ans pour préparer la mariée et, aujourd'hui, elle est plus belle que jamais. Depuis son rachat, en mars 2006, par le fonds d'investissements Axa Private Equity, l'activité Internet du groupe Orbus est l'actif clé de la maison mère de la radio musicale.
Le réseau social Skyrock.com, ex-Skyblog, vient d'atteindre le cap des 15 millions de blogs actifs et se situe à la 17e place mondiale en pages vues, devant Amazon et Wikipédia. Positionnée comme le «réseau social de la nouvelle génération», la plate-forme réalise 15 millions d'euros de chiffre d'affaires par an. Un contexte idéal pour lui trouver un nouveau propriétaire.
«À terme, il y aura une dizaine d'acteurs majeurs sur le marché mondial du réseau social, nous sommes déjà le neuvième. Il y aura une nouvelle configuration capitalistique de notre pôle Internet pour atteindre un leadership mondial, explique Pierre Bellanger, fondateur de Skyrock et président d'Orbus, dont il détient toujours 30 %. Notre entrée dans le club des vingt premiers sites mondiaux a ouvert la discussion avec les géants du Net, mais pas qu'à eux. Car les réseaux sociaux sont au cœur de la stratégie de quatre acteurs : les pure players de l'Internet mondial, les télécoms, la publicité et les grands groupes médias.»
Artisan de la «netamorphose»
Habile, Pierre Bellanger a mis dans sa corbeille un actif précieux pour chacun : une audience de 20,7 millions de visiteurs uniques, une plate-forme de conversation (SkyMessager), une régie et une agence de marketing interactif intégrées qui garantissent la profitabilité du modèle et, enfin, des contenus abondants produits par les internautes.
Ces services s'appuient sur un succès important auprès des 11-24 ans. Fidèles auditeurs de la radio, ils étaient à l'origine de la première communauté électronique de Skyrock. Or, si cette «nouvelle génération» «n'est pas la première cible publicitaire en général, son usage d'Internet permet à Skyrock.com de peser jusqu'à 15 à 20 % des investissements publicitaires pour certaines marques».
Avec le site contributif féminin Ladiz.fr, Skyrock a prouvé sa capacité à fédérer des communautés et «proposer des opérations de haute couture aux annonceurs». Cette évolution a été anticipée d'entrée de jeu. Skyrock a procédé à la séparation des activités radio et Internet avec son associé Axa Private Equity.
«Chacune a sa régie intégrée. Capitalistiquement, la radio peut fonctionner seule. Mais je continuerai, avec nos équipes, à faire avancer l'ensemble, promet l'artisan de la «netamorphose» de Skyrock.
La plate-forme Skyrock.com est estimée à 300 millions d'euros par le marché. Loin des 10 millions d'euros que vaut Overblog (TF1), mais aussi du britannique Bebo, racheté par AOL pour 850 millions de dollars le mois dernier. «Cette acquisition montre que la concentration et les alliances dans ce secteur arrivent maintenant en Europe», analyse Pierre Bellanger. Et Skyrock est sans doute le prochain candidat.